Afin de soutenir le lancement de son dernier boitier reflex numérique D5000, Nikon s’est aventuré dans l’utilisation de bannières interactives. Pas de mini-jeux de fléchettes ou de quizz du type « combien payez vous votre forfait mobile ? », mais ici une utilisation originale d’une fonction proposée par Flash : l’accès à la Webcam de l’internaute.
En effet, l’image de l’internaute sera ici captée pour être incrustée dans le fameux écran LCD rotatif externe, caractéristique phare du réflex D5000. Une idée plutôt intéressante me diriez-vous qui s’avère être pertinente pour présenter ce « plus produit » pour les deux raisons suivantes :
- la webcam, « device » largement répandu, est surtout considérée comme ludique et son emploi dans la publicité online est plutôt novateur
- l’internaute peut se projeter en train d’utiliser le produit alors qu’il n’est que dans une bannière, la vedette est presque volée au mini-site consacré à l’appareil photo.
Peut-être avez-vous déjà fait l’expérience de sites internet accédant à la webcam ? Si vous vous souvenez bien, son accès par le plug-in Flash requiert, à juste titre d’ailleurs, l’autorisation de l’internaute pour des questions de sécurité et de respect de la vie privée. C’est à ce moment qu’un conflit intervient entre l’idée de base plutôt intéressante et la réalisation technique…
Cette bannière Flash, ne pouvant déroger à cette règle, sacrifie sa visibilité… et donc son efficacité… en rendant son affichage totalement lié au bon vouloir de l’utilisateur, qui pour les raisons suivantes aura bien du mal à cliquer sur le pavé :
- Le contenu de la publicité est masqué par la popup et une couche grisâtre faisant ressortir cette dernière
- Pour les non initiés, la fenêtre ressemblera plus à ces publicités imitant l’interface de votre OS pour vous faire croire à une attaque virale qu’a une invitation à une expérience interactive
- Le contenu n’est pas du tout explicite ! « akamai.smartadserver.com » n’est pas très parlant pour le commun des mortels… Même si l’on ne peut modifier ce message par défaut, peut être aurait-il été pertinent d’afficher en transparence sous la couche grise une formule du type « Entrez dans la nouvelle dimension de la photographie en autorisant l’accés à votre webcam » ?
- Même si ce ne sera peut être pas sa première interrogation, rien n’est fait ici pour rassurer l’internaute sur la destination et le type d’utilisation quI sera fait des images issues de sa webcam
- Demander l’accès à la fonctionnalité Webcam à partir d’une bannière est totalement différent d’un site web où l’internaute sera plus consentant car il aura choisi à la base de visiter ledit site
Un bel exemple d’idée qui en terme de stratégie digitale est cohérent par rapport au produit mais de par son intégration peinera, à mon avis, à produire les résultats escomptés. Encore une prouesse technique qui agit contre l’intérêt de l’annonceur.
P.S. : Si bien sûr quelqu’un en sait plus sur les retombées de cette campagne, je suis preneur.
Petite révolution pour les joueurs de XBOX-360, la firme de Redmond vient de dévoiler lors de son grand show à l’E3 (Grand messe annuelle du jeu vidéo) son « Project Natal »… Que se cache derrière ce nom de code ? La solution ultime pour prendre de la distance face à la Wii et à la PS3 :
- 50 Millions de Wii vendues depuis novembre 2006
- 30 Millions de Xbox-360 vendues depuis novembre 2005
- 22 Millions de PS3 vendues depuis novembre 2006
La Xbox-360 est au centre d’un étau, d’un côté « Casual gaming » tenu par la Wii et plutôt « Hardcore Gamer » soutenu par la PS3… Alors quid de ce Project Natal ?
Est-ce enfin la concrétisation de ces interfaces qui nous on fait rêver dans bon nombre films de SF ? Patientons, car cette vidéo nous fait certes saliver entre reconnaissance vocale, faciale, et détection des mouvements… le tout prenant à revers la simplicité déconcertante de la Wii. Mais serons nous prêts à en faire autant devant notre écran ? Sera t’il toujours possible de jouer à notre jeu de combat de manière reposante avec simplement un gamepad sans avoir à lever la jambe ? Comment la détection de mouvement s’opérera t’elle pour l’ado qui joue en cachette dans le noir pour ne pas éveiller les soupçons des parents ?
Toujours est-il que les premières réactions sont plutôt positives… Susceptible à la fois de séduire le Hardcore Gamer et les joueur plus occasionnel, Project Natal à de quoi séduire : Qui n’a jamais rêvé de faire du « Cover flow », tranquillement assis dans son salon, avec ses mains pour épater galerie ?
Microsoft puise donc chez Apple pour la gestion de contenus (bibliothèque de média et accès à une offre VOD), chez Nintendo pour le côté familial (le jeu de F1 avec l’arrêt est réellement bluffant !) et défoulant (le jeu de peinture nous fait réellement penser au Wii Play) le tout relayé par une puissance graphique certaine qui challenge la PS3 (peu de jeux exploitent entièrement les ressources matérielles de la console, ce qui lui laisse une certaine marge de manoeuvre).
Les paris sont pris, mais Project Natal pourrait être la bonne recette pour booster les ventes de la Xbox360, actuellement console la moins chère du marché (179€ – Wii à 249€ – PS3 à 399€). Ce nouveau périphérique conférerait donc un rôle de passerelle à la console en essayant de rassembler 3 typologies : les Casual Gamer / Hardcore Gamer / Technophiles afin de mieux faire face à la Wii et à la PS3 (qui a gagné la bataille du Blu-Ray/HD-DVD, anciennement soutenu par Microsoft).
En effet, les technophiles, un peu las de bidouiller avec des disques-durs multimédia et les partages réseau à partir de la set-top-box, pourraient succomber au charme de la console qui est, tout comme la PS3, compatible DLNA (interopérabilité entre TV, Lecteur de salons, disques réseau, consoles… afin de partager du contenu multimédia) et aussi relai du Windows Media Center (La suite de l’évangélisation lancée par Vista va se poursuivre avec Seven)… Mais Microsoft saura-t’il faire évoluer son Media Center (formats pris en charge limités, pas de support NTFS pour les disques externes malgrés le support de l’iPod) ? C’est une autre guerre qui se joue, entre disques durs multimédia / set-top-box / Media Center, alors que nos chers supports se dématérialisent et demandent à être encore plus classés, taggés, interopérables et lisibles sur nos nombreux « devices »…
Pour les passionnés de d’image, de lumière au cinéma, d’art ou les simples curieux du langage cinématographique, je vous recommande le pertinent documentaire de Jon Fauer : « Cinematographer Style » . Basé sur une série de 110 entretiens réalisés auprès des plus talentueux directeurs de la photographie (aussi chef opérateur – cinematographer – director of photography / DP en abréviation), ce documentaire s’avère être une intéressante introduction à ce métier clé du cinéma, à savoir : responsable de l’image d’un film.
Quel est le rôle d’un chef opérateur ? Quels sont les composantes de l’image d’un film ? Comment définir le look d’un film ? Quelle est la part de liberté d’un directeur de la photographie ? De quelle manière peut-on s’inspirer de la lumière qui nous entoure ? Une lumière doit-elle être plutôt réaliste ou initier une dimension psychologique ? Autant de questions que ce documentaire aborde tout en n’oubliant pas de souligner que cet art de maîtriser l’image est là pour répondre à une question importante :
De quelle manière ces différents paramètres qui composent l’image d’un film peuvent permettre de raconter visuellement l’histoire d’un film tout en servant la vision que porte le réalisateur ?
Sur la forme, le documentaire est un rapide enchainement d’ « highlights » des interviews où les 110 intervenants sont en moyenne présent 45s chacun. Ce parti pris permet de présenter la richesse qu’offre ce métier tout en soulignant les qualités (curiosité, patience, diplomatie…) et les compétences nécessaires (techniques, artistiques, relationnelles…).
Volontairement présenté sans extraits de films, le documentaire aborde néanmoins quelques exemples pratiques (choix de focales, position de la lumière, key-ligt…) qui démontrent la complexité et le caractère infini des choix auquel un « DP » est confronté lors du processus de création de l’Image d’un film.
Un excellent documentaire qui complète le plus ancien « Vision of Lights », qui présentait aussi cet univers de manière plus illustrée et chronologique.
Un petit aperçu de « Cinematographer Style » :
Le documentaire est disponible sur l’iTunes Store US, mais je vous conseille largement le DVD qui contient en bonus l’intégralité des entretiens réalisés avec les emblématiques Vittorio Storaro (Apocalypse Now, le dernier Empereur, le dernier Tango à Paris…) et Gordon Willis (Le parrain, Manhattan…).
- l’intégralité des entretiens, disponible sur papier, un tome 2 est en préparation (voir le site officiel)
- Le livre « Reflections » – Interviews de nombreux chefs opérateurs abordant des sujets caractéristiques (éclairer une visage, lumière unique…) avec plans lumières à l’appui. Un must !
- « En Lumière » – 37 chefs opérateurs français vu par les réalisateurs (Pialat, Boorman, Jeunet…) – Épuisé mais sûrement disponible sur justbooks.fr ou chapitre.com
- « Visions of light » – Autre documentaire sur l’image au cinéma – chronologique avec extraits
- « Vittorio Storaro : Writer of light » – Compilation des meilleurs articles de l’American Cinematographer (Magazine de la guilde des DP américains) concernant le maître italien de la lumière, on y revient largement sur sa manière d’utiliser la lumière de manière psychologique, en s’inspirant de la théorie des couleurs de Goethe.